Dans la réserve

En altitude, les Bauges présentent une mosaïque d’écosystèmes – falaises, pierriers, prairies naturelles, forêts -, propices aux populations de chamois et de mouflons. Depuis plus d’un demi-siècle, une réserve nationale protège ces habitats fragiles.

C’est le chamois qui, en 1955, a motivé la création de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges. À l’époque, la chasse menaçait l’espèce emblématique du massif et les populations de chamois diminuaient partout dans l’arc alpin. La réserve fut donc un lieu de sauvetage, avant de devenir un territoire de renommée internationale pour les recherches sur les ongulés sauvages des montagnes. Couvrant plus de de 5 000 hectares sur les secteurs des monts Pécloz, Trélod et Arcalod, cette zone de protection permet l’étude in situ des populations de chamois, de mouflons et de chevreuils : comment interagissent-ils ? Comment ces peuplements influent-ils sur la qualité des milieux naturels, et vice versa ? Quelles conséquences ont les activités de l’homme ? Sur les 2500 chamois présents dans la réserve, près de 500 ont été marqués à des fins de suivis scientifiques.

Lorsque le sentier quitte la forêt, au niveau du hameau du Chargieu, vous faites face aux falaises escarpées de l’ Encerclement? Posez votre regard juste en dessous, dans les longues pentes de neige et de pierre. Vous verrez peut-être des troupeaux de chamois, grattant la neige à la recherche de nourriture. L’hiver est une période critique pour les grands herbivores. La disponibilité en nourriture diminue, le manteau neigeux complique les déplacements, le froid et l’humidité contraignent les animaux à mobiliser beaucoup d’énergie pour survivre. Mais toutes les espèces affronte l’hiver de la même façon. Si les chamois, les mouflons et les cerfs stockent de l’énergie à la belle saison, sous forme de graisse, les chevreuils n’ont pas cette capacité et doivent, malgré l’hiver, continuer à se nourrir. Le chamois est très adapté aux conditions hivernales : trois couches de fourrures différentes, sabots dotés d’un membrane jouant le rôle d’une raquette à neige.

En montant vers la Croix d’Allant – 4 heures 30 – Peu difficile

Le site abrite, depuis 1955, la réserve de chasse et de faune sauvage qui protège de belles hardes de chamois et de mouflons.

Croix d'Allant

Accès : de Jarsy, prendre la direction du hameau du codray et se garer sur le petit parking au départ du sentier.

Départ : sur le parking du Coudray, prendre le temps de lire la pancarte représentant la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges, avant de débuter la montée vers la Croix d’Allant.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 3432 OT, Massif des Bauges :

La piste forestière s’élève dans les alpages ouverts, puis s’enfonce dans la forêt. Au niveau du panneau du « Gotte » (1), poursuivre tout droit en direction de la Croix d’Allant, indiquée à 2h10 en passant par le Chargieu.
Arrivée à Chargieu (2), prendre à gauche. Une large piste en lacets s’élève jusqu’à la pierre dressée, sous le menhir des Bauges, au lieu-dit  » Dans l’Alpage », 1 530 mètres  (3).
De là, vous faites face aux pentes de l’Encerclement (légèrement sur votre droite), habitat favori des chamois et des mouflons. Orientées au sud-ouest, elles sont les premières à se libérer de la neige et à se couvrir de plantes au printemps (4), il est possible de poursuivre la promenade vers les ruines du chalet du Plan de la Limace (5), située à un quart d’heure vers le nord.
La vue vaut le détour : le sommet du Pécloz au sud-est, les alpages perchés de l’Arclusaz au sud, surplombés par les sommets de la chaîne de Belledonne et les hauts plateaux de la Chartreuse, l’imposante dent de Pleuven et le mont Trélod au nord-ouest, jusqu’aux Dents de Lanfan et le Parmelan qui surplombent le lac d’Annecy, au nord
Attnetion à bien se renseigner sur la stabilité du manteau neigeux au-delà de la Croix d’Allant. Rejoindre la pierre dressée et poursuivre tout droit sur la piste, qui descend à droite, à travers la forêt.
Au panneau du Bois du Replat (6), altitude 1 190 mètres, suivre les indications vers le parking du Coudray,à 45 minutes.

Nos conseils :
Ne pas s’aventurer au delà du Plan de la Limace sans se renseigner sur les conditions d’enneigement. Possibilités d’avalanches.