Du calcaire au glaciaire

Falaises, karst et glaciers, ce vallon raconte une histoire au long cours, qui se mesure en millions d’années.

Ses falaises et ses crêtes haut perchées ont tendance à nous le faire oublier, mais le Vercors est né de la mer. Comme tous les massifs calcaires, il a fallu des millions d’années pour que s’accumule, au fond de l’océan, cet épais millefeuille de roches sédimentaires dominant aujourd’hui les paysages. Il y a environ cent vingt millions d’années, au cœur de l’âge que les géologues nomment « Urgonien », se sont formées les falaises du Cornafion, les arêtes du Gerbier et la Grande Moucherolle, dans une mer chaude et peu profonde, riche en récifs coralliens comme on en trouve actuellement aux Bahamas.

Comment ces roches sont-elles devenues des montagnes ? par un le jeu des plaques tectoniques qui, lentement, ont conduit à la disparition des mers, puis provoqué le soulèvement des Alpes et l’émergence du Vercors, il y a environ vingt-trois millions d’années. S’ensuit un long modelage des paysages, fruit de l’érosion et de la dissolution des roches. Au contact des carbones présents dans l’eau, les calcaires urgoniens se sont en partie dissous, créant un vaste gruyère souterrain, un réseau karstique, paradis pour spéléologues : galeries, puits, gouffres, rivières souterraines…L’eau circule en majorité sous terre dans le massif. Citons la source du vallon de la Fauge, utilisée pour alimenter Villard-de-Lans. Elle disparaît dans la roche et resurgit des kilomètres plus loin, dans les gorges de la Bourne. Quant à la forme du vallon de la Fauge, elle a été en partie modelée par les glaciers successifs comme celui qui occupait l’espace il y a trois cent mille ans, lors de la glaciation de Riss.

Le vallon de la Fauge – 3 heures – Raquettes -Facile

Condensé de milieux naturels, ce vallon préservé échappe encore à l’agitation des stations toutes proches. Entre prés et forêts, il invite à une lecture de paysages et d’empreintes fraîchement tracées.

Vallon de la FaugeAccès : De Grenoble, monter sur le plateau des Quatre Montagnes, passer Lans-en-Vercors, puis se rendre, par la D 531, jusqu’à Villars-de-Lans. Ne pas entrer dans le centre ville, mais , mais suivre la direction de Corrençon ( D 215). Passer deux ronds-points. prendre la deuxième à gauche qui monte vers les hameaux de l’Achard, Tintaine et les Clots. Aux intersections, suivre la direction les Clots. Le parking est situé en bout de route.

Départ : du parking des Clots ( 1 230 m), s’engager sur le sentier balisé GTV et GR®. – blanc et rouge – en direction du vallon de la Fauge.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 3236  OT, Villard-de-Lans :

L’itinéraire démarre en pente douce au milieu de prés clôturés, puis à travers bois, où il franchit une piste de ski. Un peu plus loin s’amorce une petite descente. Suivre le sentier balisé qui débouche sur le vallon de la Fauge et sur une balise de randonnée (1 240 m) (1),
Continuer en direction de l’abri de la Fauge et du pas de l’Œille. La piste remonte en pente douce, entre milieux ouverts et bosquets, avec, en toile de fond, les falaises du Cornafion et les arêtes du Gerbier. On arrive sur un replat, près de l’abri de la Fauge (1 310 m) (2), situé u peu en retrait du sentier.
À la bifurcation, laisser l’itinéraire GTV qui continue sur la droite et prendre à gauche vers la bergerie de la Fauge. De la bergerie (3), continuer plein sud, vers le fond du vallon.
Longer une petite zone humide proche de la zone de protection de captage d’eau (clôturée) et poursuivre jusqu’à la balise des Banchauds (1 365 m), fixée sur un arbre (4).
Couvert d’épicéas, ce secteur plus forestier est riche en empreintes de chamois et de chevreuils. Certains épicéas, troués de loges et de cavités, attestent du passage du pic noir. Retour par le même itinéraire.

Nos conseils :
Emporter dans le sac des jumelles et un thermos. Évitez de venir avec un chien. La faune sauvage est très sensible au dérangement l’hiver.