Les étangs de Sologne

Réalisés de main d’homme pour assainir la terre et nourrir les habitants, des milliers d’étangs constellent l’espace solognot. Ils participent toujours à l’économie locale et sont aussi le dernier bastion sauvage d’une faune qui y trouve refuge.

Un peu plus de 3 000  étangs reflètent le ciel de Sologne. Avec la forêt, ils sont fondateurs du paysage. Refuge  des oiseaux migrateurs, lieu de reproduction d’une faune variée, écosystème riche et fragile, rien de moins naturel pourtant qu’un étang. Cette étendue d’eau, peu profonde , entre 50 cm et 2,50 m, est conçue de la même façon qu’une baignoire. Avant que ne viennent s’ébattre carpes et brochets, oiseaux dans la roselière, grenouilles sur les berges, un fond et des bords imperméables. La terre, l’eau, le bois et l’argile sont les éléments nécessaires pour créer un étang solognot. Différent d’une mare, par sa superficie – supérieure à 1 000 m² – et par son caractère vidangeable, il est aussi distinct d’un lac par sa faible profondeur.

La création des premiers étangs de Sologne date du Moyen Âge, époque des moines bâtisseurs. D’un territoire marécageux aux miasmes mortels, entièrement recouvert de forêt, les moines pionniers ont défriché  pour la mise en culture des terres, créé des étangs pour assainir et nourrir les habitants. Le surplus des poissons est devenu, par la suite, source de revenus. Notre époque a pris conscience de la richesse écologique d’un étang : végétation flottante, roselière, jonchaie-cariçaie (la zone de joncs et de roseaux), saulaie, prairie humide : ces milieux sont porteurs d’une grande valeur écologique. Le visiteur surprendra un héron à l’affût d’un poisson, des grèbes glissant sur l’eau, leurs petits sur le dos, un envol soudain de canards fuligules. La magie des lieux opérant, il n’est pas rare que la visite se prolonge jusqu’en début de soirée. Alors, on entendra un chant étrange :  l’appel du butor étoilé, l’oiseau qui regarde les étoiles.

L’étang des Lévrys – 2 heures – Facile

Caché dans son écrin forestier d’arbres centenaires, l’étang des Lévrys est un havre de paix. Sur ses berges et dans son observatoire, le promeneur peut admirer de nombreux étangs.

Etang de LévrysAccès : de Lamotte-Beuvron, emprunter la D 2020 jusqu’à Nouan-le-Fuzelier. De la place de l’Église, prendre la direction de Pierrefitte-sur-Sauldre, puis la deuxième route à droite. Continuer tout droit sur environ deux kilomètres, jusqu’au parking de l’étang de Lévrys.

Départ : prendre le circuit rouge. Les flèches bleues indiquent l’accès au bord de l’étang.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 2221 E, Lamotte-Beuvron :

Traverser un bois de feuillus où se côtoient châtaigniers, chênes, bouleaux, trembles. Au sol poussent la bruyère cendrée, la callune et diverses mousses (1).
Un peu plus loin sur le bord d’un petit fossé, on peut observer une fougère rare, le blechnum en épi. sur l’herbe le bupestre semble sortir d’un bain d’or (2).
Ensuite, on pénètre dans une zone humide, avec ses touradons, des touffes de molinie bleue (3).
Au croisement du chemin rouge et orange ( dans un virage ), on peut aller jusqu’à la queue de l’étang observer le drosera, une plante carnivore, et le piment royal ou galé odorant, plante rare et protégé (4).
Plus loin, à l’observatoire, on peut, en saison, regarder le ballet des mouettes rieuses et des guifettes moustacs, des grèbes à cou noir, castagneux, huppés, des foulques et divers canards, fuligules morillons, milouins…(5).
La mise en assec de l’étang est à l’origine de cette végétation dense, où l’on reconnaît les roseaux, potamots, carex, joncs et nénuphars. Ils accueillent un grand nombre d’oiseaux nicheurs. Les libellules accompagnent la balade: demoiselle, anax impérial, libellule déprimée, sympetrum… (6).
Rejoindre la route, une fois passé le déversoir, où niche le martin-pêcheur.

Nos conseils :
Prolongez la balade en prenant le « sentier promenade » balisé en orange, sur la gauche. La forêt vous enveloppe dans ses doux parfums d’essences végétales.