Histoire d’eaux

Du haut de leurs 2 000 mètres d’altitude, les étangs de la Hillette et d’Alet lâchent avec fracas leurs eaux fraîches dans l’oule du cirque de Cagateille. Cascades et ruisseau accompagnent cette belle boucle mi-rocailleuse mi-forestière.

Les randonneurs alpins habitués à leur propre vocabulaire seront surpris par cette étrange appellation d’étang pour ce qui devrait être, à leurs yeux, un lac. Il est vrai que les Pyrénéens ne manquent pas d’originalité, la frontière espagnole n’y est pas étrangère : dans les Pyrénées centrales, étang se dit boum, dans le Val d’Aran estanh, en Catalogne estany, et puis laquet, gorg, estanet, gourg, lago, ibon, oo, embalse. Les étangs de la Hillette et d’Alet, que votre chemin croisera, sont fermés par des verrous glaciaires.

Le premier, au périmètre très découpé, présente en son centre une presqu’île couverte d’herbes rases. Le second, presque parfaitement arrondi, est « encaissé dans l’abîme« , comme disait Baudelaire. Ses rives ceintes de falaises abruptes ne sont pas facilement accessibles. L’un et l’autre reflètent le bleu du ciel, mais, pendant les jours sombres de l’automne, leurs eaux noircissent volontiers. Les variantes de couleur des étangs pyrénéens sont aussi nombreuses que leurs noms. Bleus, blancs, verts, noirs, rouges, comme les rives du lac d’Estaens (ou Astanès ou Estaès !). À l’évidence, les Pyrénées sont une histoire d’eaux. Selon le critère d’estimation communément admis (une pièce d’eau devant posséder un diamètre supérieur à 50 mètres), l’Ariège détient un tiers des étangs pyrénéens, soit près de 200. C’est que, de ce côté-ci, il pleut abondamment. Voilà pourquoi, en plein été, alors que la sécheresses frappe la plaine toulousaine, il fait si frais dans le bois de Freychegude ceignant le cirque de Cagateille. Les ruisseaux d’Alet et de la Hillette arrosent une végétation luxuriante de hêtres et de fougères. Sur leurs berges, vous croiserez sans doute libellules et demoiselles.

Le cirque de Cagateille – 6 heures 45 – Moyen

Deuxième cirque pyrénéen classé après Gavarnie, délimité par les falaises de Plagnoles et du Campet, le cirque de Cagateille résonne du concert de ses eaux parfaitement claires.

Cirque de CagateilleAccèsdepuis Saint-Girons, emprunter la D 618 direction Oust et Seix. À la sortie de Seix, traverser le pont au dessus du Salat et longer la rivière. Passer Couflens-de-Betmajou, continuer jusqu’au Pont-de-la-Taule. Prendre à gauche la D 8, jusqu’à Trein-d’Ustou. À la sortie du village, prendre à droite la D 38, jusqu’à Stillon (traverser Bielle et Saint-Lizier). Prendre à gauche la direction « cirque de Cagateille » sur 3,7 km jusqu’au parking de la Peyre.

Départ : du parking de la Peyre (1 000m).

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 2048 OT, Aulus-les-Bains / Mont Valier :

Le sentier débute au-dessus de la cabane (1).
Suivre le balisage du GRT ( jaune et rouge). Courte traversée dans une forêt de hêtres. Au sortir de celle-ci, à la passerelle qui enjambe un ruisseau ( 1 157 m), débute le cirque de Cagateille. Passage de deux autres passerelles. Au panneau 1 265 m, prendre la direction « port de Couillac, étang de la Hillette ». Monter dans la forêt. À l’intersection (2), continuer, à droite, sur le GRT (laisser le balisage jaune partant tout droit).
Rejoindre l’étang de la Hillette ( 1 797 m). Traverser le déversoir et remonter en face, en suivant , cette fois, le balisage jaune (3) (abandonner le GRT).
Passer sur la crête des Plagnoles (2 010 m) et rejoindre l’atang d’Alet. Continuer le balisage jaune. À la cote 1 924 m, le sentier surplombe l’étang  d’une vingtaine de mètres. Monter vers le nord-ouest. Après quelques mètres, une bifurcation conduit, vers la gauche, à la cabane de la Lacarde, près de l’étang éponyme. Rester sur le balisage jaune, à droite (4).
Monter jusqu’à la cote  1 798 m. Près d’une mare, un poteau jaune indique le sentier ramenant vers la cabane. Continuer tout droit (5) jusqu’aux mines de Carbauère. Remarquer, sur votre gauche, les déblais de la mine. Poursuivre la descente pour retrouver le parking de départ.

Nos conseils :
Le parcours est déconseillé par brouillard. Par temps humides, certaines dalles granitiques assez pentues sont très glissantes. Période idéale: juin à octobre.