Port-Cros, une île au paradis

La nature de la Méditerranée réside à Port-Cros, absolument. Elle a retrouvé la vie d’avant le passage des hommes qui l’ont souvent malmenée. De sa forêt sillonnée de vallons secrets à la formidable luxuriance de ses fonds marins.

Elles ne se ressemblent pas; ces deux sœurs. si l’une est extravertie, Porquerolles : offrant ses plages, le produit de ses vignobles et de ses vergers, les terrasses de son village où il fait bon s’attabler, Port-Cros, plus distante (1 h de bateau), est presque secrète. Complémentaires, Port-Cros et Porquerolles sont unies dans le sauvetage de leur identité, même si chacune d’entre elles l’envisage de façon différente. Toutes deux ont échappé à la spéculation des requins les plus dangereux de la Méditerranée, ceux qui construisent des ports de plaisance et des « marinas pieds dans l’eau ». On vient à Port-Cros pour admirer intacte la générosité de la nature méditerranéenne, sa beauté, ses parfums enivrants. Port-Cros, c’est l’île sauvage à la nature préservée grâce ) son statut de parc national, l’île-montagne aux sentiers escarpés culminant à 194 m au mont Vinaigre, un paradis forestier échancré de criques ayant servi d’abri aux navires phéniciens, les premiers à la découvrir. Parc national terrestre et sous-marin, dont le but est de protéger ce petit morceau de forêt méditerranéenne et d’empêcher la dégradation du milieu marin, la découverte des richesses naturelles de l’île se fait sur terre et sous l’eau.

Il ne faut pas venir à Port-Cros pour les plages, petites et difficiles d’accès, mais pour u ne balade dans sa forêt originelle, afin d’apercevoir quelques-unes des 114 espèces à plumes répertoriées sur l’île. Avec un peu de chance, au détour d’une chênaie, se manifesteront l’élégante huppe fasciée ou le coloré guêpier, qui font étape pendant leur migration. entre les vallons apparaît puis disparaît la mer. La brise apporte des senteurs de thym. Il faut alors se diriger vers le sentier sous la mer pour nager avec un banc de sars, admirer les précieuses gorgones rouges, et peut-être surprendre la moue du mérou.

Port-Cros – 1 journée – Moyen

On vient ici pour voir de près les bienfaits de l’action d’un parc national. Et pour les appréhender sur terre comme sous l’eau.

Parc national de Port-CrosAccès : en bateau, à partir du Lavandou, d’Hyères, des Saint-Tropez. Se renseigner sur les horaires auprès des offices du tourisme.

Départ : du débarcadère de Port-Cros, passer devant la poste, puis prendre à gauche la première piste.

Parcours établi d’après la carte IGN Top 25 au 1/25 000 n° 3446 ET, Le Lavandou, Parc national de Port Cros, Corniche des Maures :

Monter vers le fort du Moulin qui ne se visite pas. Des touffes d’armoise arborescente jalonnent le sentier (1),
Continuer vers le cimetière marin, ancien emplacement du village. Des oliviers sauvages témoignent d’anciennes cultures, autrefois proches des habitations  (2).
Quitter le « sentier des plantes » pour prendre, à droite, le chemin qui traverse le maquis. Bifurquer à gauche, sur la route des Forts bordée des pins d’Alep. À gauche, on aperçoit le fort de l’Estissac (3).
Un virage conduit vers le fort de l’Éminence, jusqu’à une ruine (4).
Descendre par la gauche dans la forêt ombragée du Vallon noir, jusqu’à la plage de la Palud, départ du sentier sous-marin. Longer la plage et ses tamaris par la gauche (5).
Observer sur les rochers les plantes affrontant les embruns salés : cinéraire maritime, criste marine, statice naine. Se diriger sur le sentier qui mène au fort de L’Estissac que l’on peut visiter. On peut aussi se contenter du grand panorama (6).
Rejoindre le départ par la pointe du Grand-Peyre, où l’on découvre la baie de la Palud et l’îlot du Rascas.

Nos conseils :
Sur ce sentier rocailleux et glissant, les chaussures de marche sont conseillées. Ne pas oublier maillot de bain, masque, tuba et palmes pour parcourir le sentier sous-marin.