Sous les grands arbres

En se promenant dans la quiétude des hautes futaies de la forêt du Gâvre, on ignore souvent qu’elle fut animée de l’activité des hommes.

On les entend mais on ne les voit pas, sauf pour celui qui s’arme de patience et pratique l’affût. À défaut, on se contente du bruit de moteur de l’engoulevent, du martèlement du pic noir, du son de pièces de monnaie qui tintent du pouillot véloce. On peut aussi surprendre des bruits de branches froissées quand l’autour des palombes s’envole de la cime d’un chêne. Dans la forêt du Gâvre, la seule grande forêt de Loire-Atlantique, les oiseaux, mais aussi les cerfs, les renards, les blaireaux et les randonneurs trouvent un havre de paix et une bouffée de chlorophylle, à deux pas de Nantes et de Saint-Nazaire.

La forêt du Gâvre arrive en deuxième position pour sa superficie au palmarès des forêts du Grand Ouest, la première étant la mythique Brocéliande, en Bretagne. Comme dans cette dernière, Merlin et Arthur y ont peut_être séjourné. À l’époque de la Révolution, elle servait d’abri aux troupes royalistes. Quelques siècles auparavant, alors qu’elle était forêt ducale, appartenant à Anne de Bretagne, puis forêt royale lorsque sa propriétaire épousa Charles VIII, elle était parcourue par la population locale ramassant le bois pour le chauffage et la construction. Les allées forestières étaient animées du travail des forestiers, des charbonniers, mais aussi des paysans qui, forts des droits d’usage accordés par les princes, transformaient une partie de la forêt en praires et parcelles agricoles. la forêt dut être reboisée et ses hautes futaies furent dévolues à la production de bois d’œuvre de qualité. Jusqu’en 1900, ses plus anciens chênes servirent à la construction de bateaux. Au début du XXe siècle, les sabotiers venaient encore prélever le bois de hêtres pour fabriquer des sabots pour hommes, femmes et enfants. Le succès fut au rendez-vous et une grande partie de leur production fut exportée vers les États-Unis.

Forêt du Gâvre – 2 heures 30 – Facile

Clairières, futaies et allées cavalières peuplées  d’oiseaux et de légendes offrent un parcours varié pour découvrir la forêt du Gâvre.

Forêt du GâvreAccès : à partir de Nantes, par les D 37, D 164 et D 42, jusqu’à Le Gâvre.

Départ : près de l’entrée du terrain de camping du Gâvre. L’aire de stationnement se situe à gauche, près de l’école, 50 mètres après l’entrée du camping, à la sortie du Gâvre, sur la route de la Maillardais.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 1222 O, Blain :

Entrer en lisière de forêt. Continuer tout droit sur le sentier dans la jeune futaie (1) .

Le sentier forme un coude, prendre à droite, puis une autre fois à droite, pour s’engager dans l’allée du Château (2).

Au croisement avec l’ancienne voie ferrée, suivre à gauche le sentier qui la longe  (3).

À l’intersection avec l’allée du Rosay, prendre à droite le sentier qui conduit à la croix du Chêne de la Messe (4).

Arrivé à la croix, prendre à droite, l’allée du Pharel (5).

Après avoir croisé de nouveau l’allée du Rosay, continuer sur 100 mètres et prendre le chemin à droite (6).

Au bout , prendre à droite l’allée du Château (7), jusqu’au point de départ.

Nos conseils :
Attendez les jours où la forêt s’illumine des couleurs de l’automne. Pour pénétrer dans l’univers des légendes de la forêt, le carnet de route du sentier d’interprétation Il était une fois dans la forêt profonde est disponible à l’OT de Blain, à la mairie du Gâvre et à la Maison de la forêt.
Évitez les périodes de chasse, se renseigner auprès de la mairie du Gâvre.