Une Loire médiévale

De la tour de Chambles au château d’Essalois, la Loire déroule ses paysages de landes à genêts et de forêts de chênes. Ces lieux chargés de guerre, de légendes et de vie monastique sont, aujourd’hui encore empreints de mystère et de magie. Le passé parle au présent et nous marchons sur ses traces au-dessus d’une gorge pacifiée.

 

Ce n’est pas une danse collective. Tous ces gens qui dansent autour de la tour de Chambles en cherchant l’entrée d’origine. Savent-ils qu’ils doivent lever les yeux pour la découvrir ? La porte, située à huit mètres de hauteur, était accessible par une échelle escamotable. Construite au XIe siècle, elle était un maillon essentiel dans le système défensif des gorges. À cette époque, le bourg, clos par trois enceintes, accueillait les habitants des hameaux en cas d’attaque des pillards anglo-gascons pendant la guerre de Cent Ans. Pour protéger les gorges, l’ensmeble des positions stratégiques avaient été occupées. Le maillage militaire était parfait. Chambles pouvait compter sur les châteaux de Grangent et de Saint-Victor-sur-Loire, et surtout sur celui d’Essalois.

L’importance géostratégique de ce dernier ne date pas du Moyen Âge, des fouilles ont mis à jour les restes d’un oppidum celtique, 500 mètres en arrière du château. Du toit de la tour, le regard embrasse la vaste plaine du Forez et le défilé des gorges prend tout à coup une allure de goulet d’étranglement fatal. Est-ce la sécurité qu’offraient ces places fortes qui permit l’installation de l’ermitage des Camaldules ? On peut le penser. Toutefois, les bâtiments ne furent construits qu’au XVIIe siècle. Les moines qui vivaient là avaient la possibilité d’expérimenter « une grande diversité d’états de vie » pourvu qu’ils restent fidèles à la règle de leur patron : saint Romuald. Ermite italien, celui-ci vécut à l’abbaye Saint-Apollinaire avant de fonder plusieurs communautés monastiques, dont celle des Camaldules dans la vallée de Camaldoli, en Toscane.

D’une tour à l’autre, à Chambles – 3 heures – Facile

Une tour isolée, un ermitage au bord de l’eau, un château fort, le circuit de Chambles revisite son passé médiéval.

Chambles
Accès : de Saint-Étienne, prendre la D 3 direction Firminy. Au Chambon-Feugerolles, continuer sur la D 25 puis la D 108 jusqu’à Chambles.

Départ : se garer sur la place de la mairie.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 2833 E, Firminy :

Suivre la ruelle qui mène à l’église et à la tour de Chambles. Admirer le panorama sur les gorges de la Loire. Emprunter le chemin de ronde puis tourner à droite pour continuer sur la voie goudronnée surplombant les gorges, elle est appelée le chemin du Cohard (balisage blanc et jaune).
Au panneau électrique, prendre à droite une piste de terre qui file à travers champs (1) .
Poursuivre tout droit, jusqu’au croisement de la Croix de Chamousset (2).
Suivre le panneau La Garde. Au « sans issue », prendre à droite. Emprunter sur la gauche un passage dans un pré (indiqué par un panneau de signalisation randonnée). À cet endroit, ne vous éloignez pas du sentier : vous pénétrez dans une propriété privée. Continuer la descente à travers bois jusqu’au hameau des Camaldules (3).
Prendre sur la gauche une petite passerelle qui enjambe le ruisseau de la Garde (4).
Suivre le sentier en lacets et déboucher à droite sur le château d’Essalois (5).
Grimper en haut de la tour pour admirer la vue sur la plaine du Forez. Longer l’enceinte. Tourner à gauche après les maisons, suivre le panneau « La Garde » (6).
Continuer sur une large piste de terre jusqu’au parking, tourner à droite. Prendre la voie goudronnée puis la première à gauche en direction du hameau de la Garde. Au hameau, tourner à droite et passer devant le pigeonnier. Emprunter la première voie goudronnée qui descend à gauche et passer devant le lavoir (7).
Prendre à gauche le premier chemin de terre qui conduit à la Croix de Chamousset. Poursuivre sur le chemin de gauche qui revient vers Chambles.

Nos conseils :
Réservez un moment pour l’ermitage des Camaldules. Même si son campanile ne rythme plus les journées des religieux qui le désertèrent à la révolution.