Villages entre falaises

Les anciennes restanques d’oliviers qui convoquent le Midi, la blancheur éblouissante des falaises calcaires écrasées de soleil et la fontaine monumentale de Puget-Théniers, rappelant celles d’Aix : tout ici est Provence.

En gare de Puget-Théniers, un grand cèdre déploie son ample ramure. Rapporté d’un voyage, il est le cousin de ceux que l’on plantait dans les parcs des maisons bourgeoises au XIXe siècle. Plus loin, dans une autre gare, à Barrême, c’est un séquoia géant qui joue le même triple rôle : embellissement, signal visuel, ombre bénéfique. autour de 1890, dans cette période d’expansion du rail, les Chemins de fer du sud de la France, ancêtres des chemins de fer de Provence, ouvrent la ligne Nice-Puget-Théniers. Ce faisant, ils offrent à la ville une desserte ferroviaire digne d’une sous-préfecture des alpes-Maritimes.

Le tourisme se développant, ils ont aussi proposé aux voyageurs avides d’étonnement, la découverte de l’arrière-pays encore plein de « sauvagerie », en vantant la beauté du paysage. Et le rédacteur publicitaire de l’époque n’hésite pas à forcer le trait : »Saisissante par son caractère sauvage, par l’impression effrayante que communique l’aspect de cette nature tourmentée, de ces hautes murailles à pic et de cet amoncellement de rochers qui la bordent et l’enserrent. » Encore aujourd’hui, à Puget-Théniers, au débouché des gorges de la Roudoule, le spectacle de l’érosion millénaire continue de nous fasciner, l’effroi en moins ! au sommet du collet des Aubrics (820 mètres d’altitude), la vue panoramique sur la vallée du Var et sur le village couronne les efforts de la montée aride à travers les calcaires fossilifères du tertiaire. Après le passage en surplomb au-dessus des gorges, le retour va en s’adoucissant jusqu’à Puget-Théniers. Là, on est accueilli par l’ombre salutaire des platanes et la fraîcheur de l’eau qui ruisselle généreusement de la grande fontaine.

Le collet des Aubrics – 4 heures – Moyen

De beaux tableaux provençaux composent cette balade : restanques d’oliviers, panorama sur le village de Puget-Théniers et la vallée du Var; gorges de la Roudoule, fontaine et platanes du village.

Collet des Aubrics Accès : par le train des Pignes, au départ de Nice ou de Digne. En voiture, de Nice par la D 602 :  de Digne par la D 85 et la D 602, jusqu’à Puget-Théniers.

Départ : de la gare de Puget-Théniers, gagner le village, puis la place de l’Église.

Parcours établi d’après la carte IGN Série bleue au 1/25 000 n° 364  OT, Moyen Var :

De la place de l’Église, par les escaliers, prendre la rue qui monte entre le bureau de poste et l’ancienne mairie (1),
Monter vers le cimetière. passer devant l’entrée du cimetière, puis derrière le central téléphonique  (2).
Passer le long d’anciennes restanques d’oliviers. par la droite, contourner la barre rocheuse surplombant Puget-Théniers (3).
Monter par le sentier en lacet à travers les rochers calcaires, jusqu’à la bergerie de Lava (4).
Monter par la droite jusqu’au collet des Aubrics (820 mètres) (5).
Descendre par la gauche le versant nord, dans le bois de pins noirs. Sentier en lacets et traversée du vallon de Mairola, jusqu’à la route (6).
Par la gauche, continuer sur la route jusqu’au pont du ravin de l’Adous (7).
Quitter la route par la gauche pour prendre la piste, puis le chemin passant au-dessus des gorges de la Roudoule (8).
Terminer sur la route qui mène au village en passant par Notre-Dame-de-la-Roudoule. De retour à Puget-Théniers, faites une petite halte fraîcheur autour de la fontaine sous l’ombrage des platanes.
Tout à côté, on peut aller rendre hommage à la mémoire d’Auguste Blanqui, qui passa trente-six années en prison pour ses idées et ses actes révolutionnaires, en admirant la statue de Maillol qui lui est dédiée : La liberté enchaînée.

Nos conseils :
À visiter absolument : Roudoule, écomusée en terre gavotte, place de l’Europe, 06260 Puget-Rostang.